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Descriptif :
La psychothérapie auprès des enfants présente des singularités distinctives qui complexifient le rapport au patient. Au lieu d’avoir affaire à un seul patient, le psychothérapeute compose avec les parents qui accompagnent l’enfant, qui ont souvent été incités à consulter par des tiers (l’école, la garderie). Cette multiplication des interlocuteurs pose des défis au psychothérapeute. Comment entendre les demandes multiples? Comment aménager un cadre?
De plus, l’enfant est en développement et le travail thérapeutique ne peut pas être axé sur la parole. Le jeu sort le thérapeute de sa position de retrait bienveillant. Il le pousse à prendre part plus activement dans l’élaboration du patient que lorsqu’il ne s’agit que de parler. En outre, le contre-transfert du psychothérapeute est fortement sollicité par le transfert de l’enfant mais aussi par celui des parents.
Ce séminaire permet de faire partie d’un groupe favorisant les échanges avec quatre formateurs.trices qui se succéderont et les autres participants en intégrant du matériel tant théorique que clinique. Il offre l’opportunité d’un groupe d’appartenance qui se rencontrera mensuellement durant l’année.
Voici les thèmes qui seront abordés :
Les premiers entretiens (par Isabelle St-Arnaud; vendredi 25-09-26 et 23-10-26, 9h à 12h)
Les premiers entretiens en thérapie psychanalytique de l’enfant sont des moments charnières où s’articulent la demande, le symptôme et les conditions d’émergence d’un travail thérapeutique possible. La perspective psychanalytique considère les premiers entretiens comme un temps clinique à part entière (Ortigues, Eiguer), où se déplie la demande (Pouillaude, Villeneuve) souvent formulée par les parents, où se co‑construit le cadre, et où se dessinent les premières hypothèses transférentielles.
Nous aborderons les enjeux spécifiques liés à la demande de psychothérapie pour un enfant, la place et la parole des parents, ainsi que celle de l’enfant lui‑même, en tenant compte des modalités d’entretien (entretiens parentaux, rencontres avec l’enfant, dispositif possible (Carel)). Une attention particulière sera portée à la manière dont le symptôme de l’enfant s’inscrit dans une dynamique familiale inconsciente, à la posture du clinicien et à la fonction des premiers entretiens dans la transformation de la plainte en demande de soin psychique.
Le développement sexuel infantile en lien avec la psychothérapie (par Rachel Briand-Malenfant; vendredi 20-11-26 et 11-12-26, 9h à 12h)
Initialement introduit par Freud dans Trois essais sur la théorie sexuelle, le concept de sexuel infantile traverse l’ensemble de son œuvre et occupe une place centrale sur le plan clinique, notamment dans la psychothérapie auprès des enfants. Il est particulièrement pertinent dans les dimensions d’évaluation, de transfert et de thérapie.
La capacité du clinicien à accueillir et à écouter les manifestations du sexuel infantile dans les communications, les productions et le jeu symbolique de l’enfant est déterminante pour l’issue du processus thérapeutique. En contraste avec la pression exercée par le modèle médical, qui privilégie la réduction des symptômes, le concept de sexuel infantile invite plutôt le clinicien à se montrer réceptif à ce « flux, ce courant (…) cette circulation permanente, non seulement dans les organes, non seulement dans les limites de l’organisme vivant, mais au sein même des communautés d’organismes vivants », pour reprendre les mots de Jean Imbeault (Petit et grand infantile), mais également à ce qui en entrave la circulation, afin de mieux comprendre le tableau clinique.
Comment, en thérapie avec l’enfant, créer les conditions favorables à l’émergence des manifestations du sexuel infantile ? Comment en décoder les expressions dans les communications, les productions et le jeu ? Comment ajuster son écoute, sa posture et ses interventions à cette dimension ? Comment mobiliser ces manifestations dans l’évaluation et le processus psychothérapeutique ? Quand et comment les interpréter auprès de l’enfant?
Réflexion sur l’installation du cadre et sur le processus (par Alain Lebel; vendredi15-01-27 et 12-02-27, 9 à 12)
L’installation du cadre en psychothérapie avec les enfants favorise l’alliance thérapeutique.
Les variantes dans le cadre et le processus seront abordées en prenant en compte les spécificités de groupes d’âge : les enfants de 0-5 ans et ceux de l’âge de latence (6-12 ans). Contrairement aux adultes où les transactions se font directement entre le patient et le psychothérapeute, des tiers sont toujours impliqués avec les enfants. Nous nous attarderons principalement à la place des parents sans négliger celle des nombreux intervenants, professionnels, enseignants, éducatreurs-trices, protection de la jeunesse, etc.
Les capacités verbales fluctuent beaucoup chez les jeunes. Le jeu, sous différentes formes selon l’âge, est souvent un allié aidant à élaborer les conflits internes. Il peut aussi s’ériger en mode défensif comme l’activité motrice ou l’inhibition comportementale, et devenir un défi à surmonter dans le processus.
Les enjeux de confidentialité sont primordiaux à tous les âges et source d’importants questionnements quant au maintien et aux bris de cadre. Cela supposera de réfléchir à chaque fois à ce qui devra être contenu dans la séance ou être révélé – ouvert aux proches. L’abord de ces situations représentera souvent un point tournant dans l’évolution du processus psychothérapeutique et mettra en lumière les enjeux transférentiels et contre-transférentiels.
Transfert et contretransfert (par Marie-Hélène Veilleux; samedi 20-03-27 et 24-04-27, 9h30 à 12h30)
Ces rencontres permettront de définir le concept de transfert et contretransfert et de le contextualiser dans l’évolution de sa compréhension selon les auteurs. À partir de cette base, nous réfléchirons à la nature particulière du transfert et du contretransfert dans le cas du travail avec les enfants. Quelles sont les modalités de mise en place de la relation transférentielle lorsque le psychisme de notre patient est encore immature, en construction ? Quels sont les effets sur la relation transférentielle puisque le cadre de la thérapie par le jeu est fondamentalement différent de celui pour la thérapie avec l’adulte ? Comment faire une place aux impressions transférentielles et contre transférentielles qui débordent du cadre, puisque nous avons également affaire à des tiers (les parents, l’école, d’autres professionnels)? La présence et l’importance de l’objet réel dans la vie du patient a-t-elle un impact sur sa capacité à projeter dans la relation thérapeutique ses objets internes? Le fait que nous ayons accès aux objets réels influence-t-il notre écoute des mouvements transférentiels?
Modalités pédagogiques :
Le séminaire offre aux participants l’opportunité de réfléchir ensemble à ces questions complexes, à partir du matériel tant théorique apporté par les formateurs et formatrices. Certains textes d’auteurs clés seront proposés à lire entre les rencontres pour enrichir les discussions. De plus, les participant.es auront l’occasion de partager des cas cliniques lors de certains séminaires.
Informations :
Groupe : 12 à 14 participants
Durée : 24 heures
Horaire : 6 vendredis de 9h à 12h et 2 samedis de 9h30 à 12h30
Dates : 25 sept., 23 oct., 20 nov., et 11 déc. 2026; 15 janv., 12 fév., 20 mars, 24 avril 2027.
Modalité : Salle virtuelle (visioconférence)
Coûts (incluant les taxes) : non-membres (985 $), membres (895 $), membres en formation (670 $), étudiants avec carte (448 $), retraités (448 $), membres honoraires (448 $).
Présentation des formatrices et du formateur
Isabelle St-Arnaud, psychologue, diplômée depuis 2005, a une formation universitaire spécialisée en enfance. En bureau privé depuis 2006, elle travaille en thérapie par le jeu auprès des enfants de 2 ans à 12 ans. Rapidement, elle sent le besoin d’aller au-delà des supervisions pour suivre une formation spécialisée à l’IMPA (Institut Montréalais de Psychothérapie Analytique) qui offre une formation spécifique à la thérapie de couple et de famille dans une approche analytique. Depuis 2016 elle est membre de l’APPQ. Madame St-Arnaud supervise depuis plus de 15 ans de jeunes professionnels ou des doctorants et donne également des formations spécifiques en développement pour les différentes techniques en relation d’aide.
Détentrice d’un doctorat en psychologie de l’Université de Montréal, Rachel Briand-Malenfant est psychologue clinicienne spécialisée en enfance et petite enfance. Elle supervise de jeunes cliniciens depuis plusieurs années, tant dans des cliniques universitaires (UdeM et UQAM) qu’au Centre de psychologie Gouin. Elle est également chargée de cours au Département de psychologie de l’UQAM, où elle enseigne l’utilisation du dessin et des méthodes projectives en clinique, ainsi que le développement psychoaffectif de l’enfant selon une perspective psychanalytique. Elle a travaillé pendant plusieurs années dans le réseau de la santé public québécois, en première, deuxième et troisième ligne, avant d’orienter sa pratique vers l’enseignement, le développement de la mission sociale des tout-petits au Centre de psychologie Gouin et la pratique privée. Auteure de deux ouvrages de vulgarisation scientifique sur le développement de l’enfant aux Éditions du CHU Sainte-Justine, elle a également publié dans des revues scientifiques telles que Filigrane et la Revue canadienne de psychanalyse. Elle participe activement à la promotion de la santé mentale de l’enfant et à la diffusion des connaissances dans le cadre de son mandat de vice-présidente de l’Association québécoise pour la santé mentale du nourrisson.
Alain Lebel est pédopsychiatre auprès d’enfants et d’adolescents depuis plus de 30 ans. Il a co-fondé la Clinique 0-3 ans avec Dre Micheline Reid-Perreault et Joanne Giasson sur le modèle du ‘Under five counselling service’ de la Clinique Tavistock de Londres. Il a été chef de la clinique 0-5 ans du Pavillon Albert-Prévost jusqu’en fin 2025. Il anime des groupes d’observation psychanalytique des nourrissons. Il est psychanalyste membre de la SPM (Société psychanalytique de Montréal) avec des adultes. Il a complété un programme de formation de psychothérapeute psychanalytique d’enfants et d’adolescents au Montreal Children Hospital (Dr Michel Grignon). Il a été accrédité comme praticien et superviseur pour la thérapie basée sur la mentalisation pour les enfants et adolescents avec le Anna Freud Center en 2024.
Marie-Hélène Veilleux Ph.D, est psychologue d’enfants depuis 2009. Elle a débuté ses stages avec une clientèle en enfance dès 2005. Dans sa pratique, elle a travaillé avec des enfants de tous les âges, et de tous les horizons. Elle se spécialise toutefois auprès des enfants victimes de négligence et d’abus. Depuis 2016, elle supervise en privé plusieurs jeunes professionnels qui veulent entamer un travail avec les enfants et elle a été superviseure au CSP de l’UQAM pour le stage en enfance entre 2016 et 2021.
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Numéro de reconnaissance OPQ: à venir
Lieu: Salle virtuelle (vidéo conférence)
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