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Problématique :
La honte est un affect qui nous affecte tous car il renvoie chacun au plus intime de la condition subjective que partagent les êtres humains en tant que constitutive des assisses du narcissisme, de l’identité et du sentiment d’humanité. Pour Janin (2007), la honte est le premier organisateur de la psyché humaine dont le poids est déterminant dans le processus d’hominisation et de socialisation.
La honte apparaît tôt dans la vie de l’enfant et continue de se développer la vie durant. Elle se développe et est transmise à travers les référents éducatifs et sociaux par lesquels les parents, leurs substituts et les membres de la communauté signifient « ce qui ne se fait pas ».
La honte est toujours vécue en lien avec le regard, réel et/ou fantasmatique, porté par autrui sur soi, Un regard qui fait surgir en soi et devant autrui ce qui devrait rester caché et dont la divulgation porterait atteinte à sa personne, à des membres de sa famille ou de sa communauté.
La honte, pourrait-on dire, s’affiche selon un double visage. Dans son versant négatif, c’est un affect puissant et douloureux, dont le surgissement souvent brutal est ressenti comme envahissant. La honte suscite un sentiment puissant d’être exposé, la peur subjective d’être physiquement ou psychologiquement nu, et entraine un sentiment très intense d’agitation associé avec la nécessité de se cacher, de se dérober, d’échapper au regard d’autrui, voir même de disparaître.
Dans son versant positif, la honte surgit comme une sorte de signal d’alarme qui se déclenche, devant une situation potentiellement blessante de la vie courante, avertissant le sujet du danger narcissique encouru. Elle le préserve du risque de perdre « l’amour de l’objet » et sauvegarde le lien avec celui-ci. La honte lui permet ainsi de se positionner comme quelqu’un qui reconnait les valeurs et les normes de la société dans laquelle il vit et dans laquelle il se reconnait comme un semblable parmi les siens.
C’est ainsi qu’un sujet peut avoir honte de ce qu’il est et/ou de ce qu’il n’est pas et devrait être, ou du vécu soulevé par des expériences traumatiques dont il a pu être acteur, victime ou témoin. Mais il peut l’être aussi pour ses ancêtres, sa famille ou sa communauté quand bien même il n’aurait rien à se reprocher lui-même. C’est ce qui fait dire à Tisseron (2007), que la honte est désintégrateur du lien. Avoir honte revient à se sentir coupé du reste du monde.
La honte n’est pas réservée aux individus marginaux, aux inadaptés et aux « intouchables » de la société, bien au contraire. Pour Zaltzman (1988), « c’est une forme de douleur dont nul n’est indemne, qu’il le sache, qu’il l’ignore, qu’il s’en défende, qu’il la projette hors de ses frontières sur d’autres maudits ». Elle peut même se révéler profonde dans une existence en apparence normale.
Résumé du contenu :
Cette journée clinique se propose d'approfondir le concept de la honte dans une perspective psychanalytique tout prenant en compte les apports des sciences sociales. Ce sera l'occasion d'une mise en chantier autour de l'élaboration de questions théorico-cliniques telles que : Quelle est la portée de ce concept ? Comment apparaît-elle au cours du développement humain et quelle peut-être son évolution ? Qu’est-ce qui distingue la honte de la culpabilité, de l’angoisse et de la pudeur ? La honte normale de la honte pathologique ? Quelles menaces fait-elle peser sur l’identité ? Quels sont ses destins ? Comment la repérer chez nos patients ? Comment écouter, accueillir et aider nos patients à aborder cette émotion, à leurs yeux, insupportable et impossible à dire ?
Cette journée clinique abordera également, par le biais de vignettes cliniques apportées par le formateur et les participants, ou tirées de la littérature clinique, la situation de sujets confrontés à l’expérience de honte consécutive à des situations de violences sexuelles, d’exclusion ou d’humiliation sociale ainsi que de déchéance et d’atteintes graves à leur dignité humaine.
Objectifs spécifiques :
• comprendre les enjeux cliniques de la honte, tant pour les patients que pour le clinicien, en interrogeant les conditions et les effets de sa mise en travail ;
• s’approprier des repères conceptuels solides, en distinguant les formes de la honte (primaire/secondaire), ses composantes, ainsi que ses articulations avec le regard, la culpabilité et la pudeur.
• identifier les différents destins de la honte, incluant ses modalités défensives et ses transformations possibles dans l’économie psychique.
• analyser les manifestations de la honte en séance, notamment à travers ses expressions transférentielles et ses effets sur la position du clinicien.
• soutenir un travail clinique de transformation, en favorisant le passage d’une honte vécue comme assignation (adjectivation) à une expérience subjectivable et élaborable.
• dégager des perspectives cliniques opératoires, à partir de l’articulation entre apports théoriques et situations issues de la pratique.
Méthodes pédagogiques:
Exposé magistral
Vignettes cliniques apportées par le formateur et les participant.es
Formateur:
Psychologue clinicien depuis 1976, Richard Arpin est détenteur d’une scolarité de doctorat de l’Université de Montréal. Il a pratiqué pendant plus de 30 ans la fonction de psychologue dans le réseau de la santé et des services sociaux (en Centre Jeunesse) auprès des jeunes aux prises avec différentes problématiques de santé mentale mais également en support aux intervenants comme consultant, superviseur et formateur. Son travail auprès des jeunes et de leur famille l’a amené à s’intéresser aux problèmes associés aux troubles de comportement, à l’inceste, aux agressions sexuelles, à l’automutilation et la violence. Il a également été chargé de cours au niveau collégial et universitaire ainsi que formateur à l’Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec (APPQ) dont il est membre depuis 1985. Il exerce maintenant la psychothérapie individuelle en cabinet privé auprès d’adultes. Il fournit également des services de consultation et d’intervention de crise dans le cadre de programmes d’aide aux employés d’entreprises privées et d’établissements publics. Au cours de sa pratique, il a animé un groupe de soutien auprès de patients atteints de la maladie de Parkinson et, dans les dernières années, un groupe de soutien pour des patients en traitement pour un cancer avancé ou incurable dans le cadre de la Fondation Virage pour le soutien au cancer (CHUM).
Durée : 7 heures
Horaire : 8h30 à 16h30
Date : samedi 28 novembre 2026
Modalité : en visio-conférence
No d'accréditation OPQ : à venir
Attention: la date limite d'inscription pour cette journée clinique est le jeudi 26 novembre 2026 à 16h
Bibliographie:
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Lieu: Salle virtuelle (vidéo conférence)
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