Bonjour M. Desjardins,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de satisfaction votre chronique qui récapitule votre position sur les données probantes en psychothérapie. Je me rappelle très bien vos prises de position précédentes qui suscitaient chez moi l'espoir que l'OPQ agisse de manière plus décisive pour protéger l'accès à la diversité des approches en psychothérapie sur le terrain, accès qui, à mon avis et selon plusieurs des lettres de mes collègues adressées à la présidente, est réellement menacée. C’est pourquoi je me suis récemment engagée dans la mobilisation des différentes communautés des psychothérapies relationnelles pour, entre autres, dénoncer l'utilisation non scientifique des données probantes en ce qui concerne la psychothérapie et diffuser l'information au grand public, aux instances gouvernementales décisionnelles en santé mentale, et aux référents.  Suite à votre chronique de mai 2014 dans Psychologie Québec (vol. 31, numéro 3), nous avions espoir d'être entendus et soutenus dans nos actions en ce sens par l'OPQ. J'ai été déçue que notre offre de collaboration soit restée lettre morte.

Votre chronique a donc encore une fois soufflé le chaud et le froid. D'une part, je suis soulagée que vous réaffirmiez la validité des psychothérapies non validées empiriquement. D'autre part, je trouve déplorable que vous ayez pris une seule position défensive face aux questionnements soulevés par les lettres adressées à la présidente et qui circulent actuellement parmi certains membres de l'OPQ: vous ne faites que justifier vos positions sans ouvrir un vrai débat. Par exemple en publiant ces lettres, en invitant l'expression des "opinions" divergentes, ou encore en cherchant à comprendre ce qui provoque ces critiques. Vous ne semblez donner aucune crédibilité à ces lettres que vous qualifiez par ailleurs de "fort intéressantes". La suite me donne à penser que ce qualificatif est ironique. Si vous ne vous sentez pas entendu ou compris dans votre position sur les données probantes, peut-être  y a-t-il lieu de se questionner pourquoi. Peut-être que le reste des politiques, des normes et du contenu de Psychologie Québec ne véhicule pas le même message (comme M. Robert Pelletier, entre autres, le démontre au sujet de la chronique "La recherche le dit", de même que plusieurs points soulevés dans "les lettres qui circulent actuellement parmi les psychologues"). Que "le lecteur [de ces lettres soit] amené à penser que l'Ordre 'dérive'" n'est peut-être pas étranger à certains signaux que plusieurs lisent dans les pages de la revue de l'Ordre. Le danger de dérive vient justement d'une absence de questionnement, de débat, terreau essentiel à l'accroissement des connaissances. Je vous invite respectueusement à ce dialogue. J'interprète le fait que vous inscrivez votre adresse courriel sous la signature de votre chronique comme une invitation de votre part également. De là ma décision de vous écrire.

Bien à vous,

Annette Richard L.Ph. (Ps.)
Psychologue